Milieux de vie

Des milieux de vie urbains comme les ruelles de Montréal peuvent-ils donner lieu à une gouvernance locale favorisant des approches innovantes dans la lutte contre les changements climatiques?

Projet en cours

La transition écologique dans Rosemont–La Petite-Patrie

Dans un contexte urbain comme celui de Montréal et ses arrondissements, la transition écologique repose sur deux dynamiques. D’une part, des projets d’innovation sociale, d’éco-entreprenariat, d’appropriation et de participation citoyenne génèrent un dynamisme important qui porte autant sur les pratiques individuelles, l’inclusion et la promotion des liens sociaux de proximité, que sur des enjeux plus techniques et matériels comme la mobilité, l’énergie et l’aménagement. D’autre part, les pouvoirs publics locaux tendent aujourd’hui à assumer, plus que jamais, un rôle par rapport à la carboneutralité, au verdissement et à la biodiversité, à la convivialité des milieux de vie ainsi qu’à de nombreux enjeux que l’on rattache volontiers à la transition écologique. 

Lobjectif du partenariat entre lArrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie (RPP) et de la Chaire de recherche sur la transition écologique est donc de cheminer vers une vision et une stratégie partagée entre l’Arrondissement et ses citoyen.ne.s, ses groupes organisés, ses entreprises et toute partie prenante qui désire s’impliquer dans la transition écologique de RPP. La première étape du partenariat consiste à documenter les enjeux et domaines d’intervention abordés par les actions de l’arrondissement sur la transition et les dispositifs d’intervention mobilisés en ce sens. La prochaine étape est lélaboration d’une grille d’aide à la décision pour l’administration municipale.

Transition sociale et écologique dans les milieux de vie : de la co-construction au transfert vers les collectivités

Depuis 2016, la Chaire de recherche sur la transition écologique et l’organisme Solon expérimentent en partenariat des projets visant à soutenir et à faire augmenter le pouvoir d’agir des citoyen·ne·s dans leur milieu de vie, dans le but de contribuer à la transition socioécologique. Dans un premier temps, le partenariat a consisté en une expérimentation de transition dans Rosemont–La Petite-Patrie, documentée ici.

Depuis l’automne 2019, la Chaire, Solon et l’organisme Territoires innovants en économie sociale et solidaire (TIESS) travaillent sur de nouvelles manières de faire, d’expérimenter, de transmettre, pour co-construire un ou des récits collectifs de la transition sociale et écologique. Le projet a été financé par le ministère de l’Économie et de l’Innovation (MÉI, 2019-2020) puis par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (FSC, 2020-2022).

Les récits sont des manières de présenter la réalité et les problèmes actuels, de proposer des futurs alternatifs et des manières d’y parvenir. Dans la mobilisation et l’expérimentation citoyennes, la construction des récits participe à la formation d’identités collectives et à la cohésion des luttes. Co-construire un récit du changement, dans une dynamique collective et délibérée, peut ainsi augmenter le pouvoir d’agir des citoyen·ne·s. En effet, un processus d’appropriation citoyenne de ce que signifie « la transition » est nécessaire pour que les gens réalisent leur pouvoir d’agir et entreprennent des actions ou des projets dans leur milieu.

Partant de ce postulat, Solon et la Chaire ont élaboré un projet de récit collectif de la transition sociale et écologique. Co-construire ce(s) récit(s) permet de croiser les aspirations citoyennes, les éléments de visions de la transition portés par la société civile, et les recherches sur les expérimentations de transition. Trois objectifs généraux sont ainsi poursuivis à travers ce projet  de recherche-action : 1) produire une histoire qui exprime une vision partagée par la collectivité, inclusive et désirable de la transition à l’échelle locale, et qui contribue à renforcer le pouvoir d’agir individuel et collectif ; 2) communiquer ce(s) récit(s) par l’entremise de divers médias et sous différentes formes ; 3) favoriser le passage à l’action et l’émergence de nouveaux projets collectifs locaux. Cette recherche-action permet de créer des espaces pour des interactions entre citoyen·ne·s et partenaires, dans lesquels les connaissances sont coproduites et de l’action est générée.

La co-construction de ce récit collectif est inspirée de la méthode de gestion de la transition. Quatre ateliers thématiques ont été réalisés avec des citoyen·ne·s, entre janvier 2020 et juin 2020, sur 4 thématiques différentes : notre rapport au temps, la réappropriation de notre économie, la résilience et la justice sociale. Les ateliers ont à chaque fois été organisés en trois étapes : 1) l’inspiration; 2) la déconstruction des catégories dominantes : « Que doit-on changer fondamentalement pour résoudre ce problème? Quels sont les défis sociétaux actuels? » et; 3) la co-construction de visions de futurs désirables et de scénarios pour y parvenir. Les participant·e·s étaient encouragé·e·s à réfléchir de manière créative pour imaginer un avenir possible à partir de notre monde actuel.

Toutes les données produites et récoltées lors de ces ateliers ont été synthétisées et diffusées sur une page du site de Solon, puis catégorisées et analysées, et elles servent de matériel pour créer ce récit collectif. Au nombre de 12, ces catégories, ou unités de sens, ou encore, de façon plus imagée, ces briques, ont été extraites des collectes de données des évènements (ex. le territoire, la solidarité, l’action collective, société post-croissance). Ces unités de sens forment un tout et sont plus ou moins connectées entre elles. Le projet est actuellement dans une phase de diffusion, et l’objectif est d’utiliser ces briques pour les « mettre en récit », c’est-à-dire raconter une histoire. Toutefois, le récit n’est pas un livrable, mais un processus, et la multiplicité des formes d’actions et de supports qui vont au-delà de l’écriture est privilégiée (CERDD, 2021, p. 9).

Pour la Chaire, le partenariat avec les acteurs de la transition écologique est à la fois une méthodologie de recherche et de transformation sociale : les connaissances produites par ses recherches reposent sur l’engagement des partenaires à toutes les étapes des projets, jusqu’au transfert des connaissances. Dans le cadre de ce projet, il s’agit de systématiser les apprentissages effectués et les connaissances acquises sur la transition sociale et écologique et le pouvoir d’agir des citoyen·ne·s, afin de les transférer au sein même des pratiques de Solon et de favoriser la mobilisation des connaissances auprès des citoyen·ne·s, de l’équipe de Solon et d’autres entités (organismes, institutions).

Mémoires et thèses en cours

Les instruments municipaux de la transition écologique : une étude comparative en milieu rural québécois, Pierre-Luc Baril, maîtrise en science politique, UQAM

L’impact du collectif dans les initiatives de transition socioécologique, Gaëlle Jaudard, maîtrise en sciences de l’environnement, UQAM

L’apport à la transition écologique des initiatives fondées sur les « communs », Marie-Soleil L’Allier, doctorat en sciences de l’environnement, UQAM

Une gouvernance de quartier pour la transition sociale et écologique. Comment intégrer les initiatives citoyennes et les pouvoirs publics dans une démarche de transformation au niveau local?, Laurie Laplante, maîtrise en sciences de l’environnement, UQAM

Le rôle de l’immigration dans la transformation sociale : létude dun cas de développement local communautaire à Montréal-Nord, Mathilde Manon, doctorat en études urbaines, UQAM

Les transformations morphologiques urbaines dans le cadre de la transition écologique et de la frontière entre rural et urbain, Clara Vivin, maîtrise en sciences de l’environnement, UQAM