Systèmes alimentaires

Comment, à partir des initiatives locales de mise en marché alternative ou de production alimentaire écologique, peut-on envisager la transition du système agroalimentaire montréalais?

Projets en cours

Bien manger dans son quartier

De nombreux secteurs pouvant être considérés comme des « déserts alimentaires » subsistent sur le territoire de l’est de l’île de Montréal, selon la Direction régionale de santé publique. C’est aussi dans ces secteurs que la proportion des ménages à faible revenu (MFR) est parmi les plus élevées de l’île, alors que plus de la moitié de la population ne consomme pas suffisamment de fruits et légumes. Dans ce contexte, plusieurs organisations des milieux communautaire, éducatif, municipal et de la santé se sont réunies pour mettre en place un projet de revitalisation du système alimentaire dans l’Est. Celui-ci s’est concrétisé en 2017 par la mise sur pied d’un réseau, appelé le Réseau alimentaire de l’Est de Montréal (RAEM), dont les organisations membres et parties prenantes travaillent de concert pour répondre aux besoins de saine alimentation des communautés dans les quartiers de ce territoire.

Après une première collaboration fructueuse à l’été 2017, la Chaire de recherche UQAM sur la transition écologique et le RAEM ont convenu de poursuivre leur partenariat, lequel s’arrime avec le but du Réseau de favoriser les échanges d’expertises pour la création d’un système alimentaire local plus durable et résilient. Ainsi, les chercheurs de la Chaire et la coordination du RAEM ont élaboré conjointement un programme de recherche partenariale dont l’objectif général est de nourrir — sur la base d’un processus de co-construction des connaissances impliquant les membres, parties prenantes et usagers du Réseau alimentaire de l’Est — les stratégies à mettre en œuvre pour répondre aux besoins des populations vulnérables en matière d’accès aux fruits et légumes frais et pour apporter des solutions innovantes aux enjeux identifiés par les porteurs d’initiatives du système alimentaire de l’Est, notamment en matière organisationnelle et logistique. Ce programme s’inscrit dans la continuité des travaux de recherche-action sur la transition socioécologique du système alimentaire montréalais, mais également dans une volonté d’intégrer l’analyse des enjeux de santé publique à la compréhension de cette transition. Ce partenariat de recherche est enrichi par son caractère interdisciplinaire et intersectoriel et par l’implication des partenaires dans l’organisation de certaines activités de collectes de données et de mobilisation des participants.

Le projet Bien manger dans mon quartier pose la question suivante : comment aligner les besoins, attentes, actions et pratiques des ménages, des organisations et de leurs partenaires de soutien (fondations, institutions, municipalités, etc.) du Réseau alimentaire de l’Est de Montréal pour améliorer l’accès à la saine alimentation ? Pour y répondre, la recherche se penche sur (1) les barrières et les facteurs facilitants dans l’accès aux aliments sains des ménages à faibles revenus,  (2) les solutions pour favoriser la participation de ces ménages aux initiatives alimentaires alternatives, (3) les besoins et les perspectives des organisations membres du RAEM et de leurs partenaires de soutien par rapport aux enjeux de l’accès à l’alimentation saine et (4) les tensions qui structurent le système alimentaire de l’Est et son potentiel de transformation du système alimentaire conventionnel. En plus des collectes de données menées auprès de différents acteurs du système alimentaire, ce projet compte des activités de transfert des connaissances mobilisant des organisations communautaires, des gouvernements municipaux et le milieu universitaire.

Mémoires et thèses

La gouvernance alimentaire locale et l’élaboration d’une vision commune de la justice alimentaire : le cas de Montréal, Béatrice Lefebvre, doctorat en sociologie, UQAM

L’engagement alimentaire citoyen dans la construction de modes d’approvisionnements alternatifs : le cas de Montréal, Katia Scherer, maîtrise en sciences de l’environnement, UQAM